Les mosquées, le ramadan, la cuisine halal font à présent partie intégrante du paysage français. Selon le rapport du ministère de l’Intérieur, il y avait, en 2010, entre cinq et six millions de musulmans sur le territoire français, ce qui fait de l’Islam la seconde religion de France.
Les premiers contacts entre les musulmans et la France datent du VIIIe siècle. À l’époque, des musulmans venus d’Espagne occupent le sud de la France. Pourtant, il a fallu attendre des siècles pour que l’on commence à parler de « musulmans » et d’ « Islam ». La bataille de Poitiers en 732 puis les multiples croisades furent l’occasion de multiples confrontations, aussi guerrières que dans des temps plus anciens. Si François Ier, à la Renaissance, entretient des rapports courtois avec Soliman le Magnifique, un souverain musulman, au XIXe siècle les conflits recommencent avec la colonisation de l’Algérie qui, divisée en départements, fait alors partie de la France. Dès lors, c’est un nombre important de travailleurs musulmans qui s’installent dans le sud de la France, puis dans le reste du pays.
On compte plus de deux mille mosquées en France. Pourtant, ce serait une erreur de penser que tous les musulmans pratiquants vont régulièrement dans les lieux de culte. En effet, la religion musulmane s’exprime aussi par la pratique du ramadan (correspondant au neuvième mois du calendrier musulman) ou par une nourriture halal. L’Islam a pris une place importante au cours du débat sur la laïcité qui a eu lieu début 2011. Les questions de l’identité nationale ou du port du voile ont également fait grand bruit au cours de l’année 2010 et semblent avoir accentué plutôt qu’atténué les problèmes et les incompréhensions. En effet, ces débats ont pris le risque de stigmatiser une religion déjà assez mal perçue par une certaine partie de la population française. Même si les actes de vandalisme sont isolés (par exemple, la mosquée d’Istres qui fut mitraillée en avril 2010), ils témoignent d’une recrudescence générale de l’intolérance et semblent peu à peu mettre le multiculturalisme en échec.
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